Retour sur la 5ᵉ Journée des médiateurs·trices numériques organisée par CABAN
Le 18 mai 2026, la Maison du Peuple de Saint-Gilles a accueilli la 5ᵉ Journée des médiateurs·trices numériques, organisée par le réseau CABAN dans le cadre du projet DigiLIFT, financé par le FEDER et la Région de Bruxelles-Capitale.
Une journée pour se rencontrer, apprendre, échanger des pratiques… mais aussi pour rappeler une évidence : l’inclusion numérique ne peut pas se construire sans celles et ceux qui la font vivre au quotidien.
Plus de 100 professionnel·les réuni·es
Le succès de cette cinquième édition témoigne de l’intérêt du secteur. 97 personnes s’étaient inscrites et 104 participant·es étaient finalement présent·es, dépassant ainsi le nombre d’inscriptions initiales.
Cette mobilisation est particulièrement significative dans un secteur où les médiateurs·trices numériques sont confronté·es chaque jour à des publics et des problématiques de plus en plus diversifiés.
Leur mission ne consiste plus seulement à apprendre à utiliser un ordinateur.
Il s’agit désormais d’accompagner les citoyen·nes dans un environnement numérique complexe : démarches administratives, accès aux services publics, sécurité en ligne, intelligence artificielle, accessibilité, compétences numériques…
Le métier évolue. Les besoins aussi.
Une journée pour prendre du recul
La matinée a permis de croiser plusieurs regards sur les enjeux actuels de l’inclusion numérique.
Eleven Ways a notamment proposé une réflexion participative autour des obstacles rencontrés par les personnes en situation de handicap dans leur accès aux services numériques. Une intervention de Régine Lambrecht qui rappelle que l’accessibilité ne peut pas être pensée comme une simple question technique : elle doit être intégrée à la manière dont nous concevons et accompagnons les usages numériques.
Média Animation est venu présenter son travail autour de l’éducation aux médias et de l’inclusion numérique, tandis que FOBAGRA a présenté son catalogue de formations destiné aux animateurs et animatrices numériques.
Lire et Écrire Bruxelles, représenté par Iria Galvan, a quant à lui abordé les liens entre analphabétisme, illettrisme et exclusion numérique, en mettant en évidence les difficultés particulières rencontrées par les publics les plus vulnérables.
Ces différentes interventions ont une chose en commun : elles rappellent que la fracture numérique ne peut pas être réduite à une question de maîtrise technique.
Elle touche aussi l’accès aux droits, l’autonomie, l’éducation, le handicap et la capacité à comprendre l’information.
L’après-midi : apprendre en faisant
La deuxième partie de la journée était consacrée aux ateliers participatifs.
Les participant·es pouvaient choisir une activité en fonction de leurs centres d’intérêt, avant de se retrouver en séance plénière pour partager leurs expériences et les enseignements tirés.
Au programme notamment : intelligence artificielle, outils pédagogiques, jeux, bricolage numérique et Linux.
Une manière de rappeler que la formation des médiateurs·trices ne passe pas uniquement par des exposés théoriques.
On expérimente. On teste. On se trompe. On échange. Et on repart avec de nouvelles idées à mettre en pratique.
Le Micro ouvert : faire circuler les projets
Autre temps fort devenu traditionnel : le Micro ouvert.
Cet espace permet aux organisations présentes de présenter leurs projets, leurs formations et leurs possibilités de collaboration. Cette année encore, les initiatives étaient nombreuses : PIX, LMDQ et son projet Digi Référent financé par le FEDER, Bibliothèques Sans Frontières, MAKS vzw, CABAN et l’Atelier du Web étaient notamment représentés.
Ce moment est important parce qu’il permet de faire connaître des dispositifs parfois encore trop peu connus des professionnel·les de terrain.
Mais surtout, il favorise quelque chose d’essentiel dans un secteur parfois fragmenté :
la mise en réseau.
Le FEDER : financer des projets, mais surtout faire émerger des dynamiques
Cette journée s’inscrit dans le cadre de DigiLIFT, un projet financé par le FEDER et la Région de Bruxelles-Capitale.
Le financement européen permet ici de soutenir une dynamique qui dépasse largement l’organisation d’une journée.
Il contribue à créer des espaces où les professionnel·les peuvent :
- développer leurs compétences ;
- partager leurs expériences ;
- découvrir de nouveaux outils ;
- rencontrer d’autres acteurs ;
- construire des collaborations ;
- réfléchir collectivement à l’avenir de leur métier.
Autrement dit, investir dans l’inclusion numérique, ce n’est pas seulement financer des ordinateurs, des logiciels ou des plateformes.
C’est aussi investir dans les personnes qui accompagnent les citoyen·nes.
Et demain ?
Les enjeux auxquels sont confrontés les médiateurs·trices numériques ne vont pas disparaître.
Au contraire.
L’intelligence artificielle transforme déjà les pratiques.
Les démarches administratives poursuivent leur numérisation.
Les questions de cybersécurité deviennent de plus en plus présentes.
L’accessibilité numérique reste un défi.
Et les inégalités face aux usages numériques persistent.
Dans ce contexte, les professionnel·les de l’inclusion numérique ont besoin de lieux pour continuer à apprendre, à échanger et à réfléchir ensemble.
C’est précisément ce que cette cinquième Journée des médiateurs·trices numériques a permis de faire.
CABAN, un réseau pour ne pas rester seul
Au-delà du programme, cette journée illustre le rôle que souhaite jouer CABAN : celui d’un espace de concertation, de mutualisation et de développement professionnel pour les médiateurs·trices numériques bruxellois·es.
Dans un métier où l’on peut parfois se retrouver seul face à des situations complexes, pouvoir compter sur un réseau, partager une expérience ou simplement savoir qu’un autre professionnel rencontre les mêmes difficultés a une véritable valeur.
L’inclusion numérique est une mission collective.
Et pour qu’elle soit réellement efficace, celles et ceux qui la portent doivent eux aussi pouvoir compter les uns sur les autres.
Un grand merci
CABAN tient à remercier l’ensemble des intervenant·es, participant·es, partenaires et bénévoles qui ont contribué à la réussite de cette cinquième édition.
Rendez-vous pour la 6ᵉ édition !